Le Câble A est il vraiment écologique ?

L’association a réalisé une étude qui se penche sur un point d’emphase de l’argumentation d’Île-de-France Mobilités et des soutiens du projet Câble A : l’effet positif sur les émissions de gaz à effet de serre, et notamment de CO2.

On peut lire sur les réseaux sociaux des données fantaisistes sur des baisses d’émissions supposées (voir ci-contre).

L’étude qui suit se propose d’objectiver le débat en se basant sur des chiffres sourcés et des calculs réalisés avec transparence.

La production d’énergie électrique n’est pas neutre en matière d’émissions.
Quelles sont les impacts en matière d’émission du Câble lui-même ? Et quelles sont les valeurs réelles d’émissions de CO2 imputables à la circulation automobile ? On vous dit tout !

Résumé de l’étude

L’étude détaille les calculs d’émissions de CO2, la consommation électrique ainsi que les temps de trajet et coût estimés pour le cas du Câble A et d’une solution de bus 100% électrique à fréquence, capacité et dessertes identiques.

La solution des bus électriques sort grande gagnante de ce comparatif alors même que l’on pourrait encore l’optimiser en considérant ses degrés de libertés plus important que ceux d’un câble (itinéraire plus malléable, plus de stations possibles favorisant l’usage, etc.) :

  Câble ABus électriques
(même fréquence, capacité et trajet)

Coût estimé

132 M€ 38,8 M€ (incl. voies)
-70,6%

Temps de trajet

17 min 30 s14 min 38 s
-16,4%

Conso élec journalière

10,8 MWh4,3 MWh
-60,0%

CO2 émis

853 kg/jour 341 kg/jour
-60,0%

Bilan net des émissions CO2

+73,7 kg/jour -438,2 kg/jour
bilan positif

Le Câble A ne permettra pas d’économiser 18 tonnes d’émissions de CO2 comme communiqué dans le cadre de la promotion du projet, mais à l’inverse génèrera 73,7 kg/jour d’émissions supplémentaires. La solution de bus électriques à l’inverse amène un bilan positif en termes d’émissions et permet d’économiser 438,2 kg d’émissions par jour.

L’étude fait également valoir qu’avec les technologies disponibles en 2019 et l’avancée d’Île-de-France Mobilités en matière de bus électriques (achats et mises en service prochaines), la considération d’une ligne de bus électrique en site propre semble plus avantageuse en termes d’émissions de CO2, et donc d’écologie : 2,5 fois moins d’émissions de CO2 !

Par ailleurs, la solution de bus électrique semble plus avantageuse à plusieurs niveaux :

  • Coûts : mise en place, exploitation, maintenance.
  • Le coût de mise en place du câble A est estimé pour le moment à 132M€, le coût d’achat de bus électriques et d’aménagement d’un site propre serait de seulement 38,8M€ à capacité et trajet égal (3,4 fois moins coûteux !).
  • Coût qui peut par ailleurs être fractionné pour une mise en place plus rapide du transport.
  • Temps de trajet : en site propre un bus sur le même trajet permettrait de relier les 2 terminus prévus en 14 minutes et 38 secondes, soit 3 minutes et 12 secondes de moins qu’un télécabines (16,4% de gain de temps !).
  • Exploitation/usage : possibilité de régler finement le trafic selon les horaires d’affluence, et d’adapter le trajet pour une desserte optimale des quartiers et des points d’intérêts comme le RER et les services publics, double usage des voies propres pour les services d’urgence.
  • Évolutivité : plus facilement adaptable aux besoins futurs (nouveaux arrêts/trajets possibles).
  • Impact sur les riverains et l’environnement : moins de covisibilité et de gêne sonore. Là où le câble a des pylônes de compression fixes développant 90dB(A), les bus électriques offrent de bonnes performances en termes de réduction du bruit et le point de gêne est mobile.

Pour voir l’étude complète, le détail des calculs et des sources, téléchargez le fichier PDF ci-dessous :