Câble A / Téléval : Craintes des Cristoliens légitimées par la MRAe Île-de-France

Commandité par le Préfet du Val-de-Marne, la MRAe Île-de-France (Mission Régionale d’Autorité environnementale) a rendu son avis sur le projet Câble A Téléval, en date du 17 octobre 2018.

Cette autorité environnementale est rattaché au Ministère de la Transition écologique et solidaire.

Cet avis sera joint au dossier de l’enquête publique.

Ce rapport est relayé dans un article du 94 Citoyens.

L’ASSC espère que cette analyse objective permettra au projet de s’améliorer comme nous le souhaitons depuis 2 ans.

Les craintes des habitants du quartier des Sarrazins Sud de Créteil sur les éventuelles nuisances du futur projet de téléphérique sont légitimées et évoquées à plusieurs reprises :

« Le projet va entraîner des modifications des perceptions à différentes échelles. Du fait de la hauteur des pylônes et des territoires qu’il traverse, le téléphérique sera visible de loin.

La MRAe recommande d’intégrer à l’étude d’impact des vues lointaines et proches sur le site avant projet (comme mentionné pour l’état initial) et après projet pour permettre d’appréhender l’insertion paysagère du projet.

Le dossier présente principalement des vues sur les stations sans appréhender les secteurs inter stations. Pourtant, la distance d’éloignement proposée par le porteur de projet de 8 m entre le tracé du câble et certains appartements situés à même hauteur pose la question des covisibilités et des nuisances engendrées (bruit, lumière des cabines). Le dossier indique que le câble sera à une hauteur de 0 à 25 m aux abords des stations et de 25 à 40 m dans les secteurs inter-stations. L’étude d’impact indique que la hauteur du téléphérique sera suffisante pour surplomber les habitations sans les impacter visuellement. La MRAe note que les cabines seront en covisibilité avec les façades des habitations de 0 à 25 m de hauteur (près des stations) ainsi qu’au-delà de 25 m de hauteur (ce qui équivaut à un bâtiment de 8 étages). Et la problématique est la même jusqu’à 40 m (ce qui équivaut à un immeuble de 11 étages). Ces hauteurs étant présentes sur le territoire, la question des covisibilités et des nuisances engendrées (bruit, lumière des cabines) se pose donc et nécessite d’être traitée dans le dossier.

De plus, les cabines passeront à une fréquence de 28 secondes. Leur passage en continu risque d’occuper les vues sans répit pour les habitants. L’étude d’impact n’indique pas les heures auxquelles le câble fonctionnera (démarrage le matin et arrêt le soir ?) laissant supposer un dérangement 24h/24h (voir également page 168 chapitre 6). Il est nécessaire d’évaluer l’insertion paysagère et urbaine du projet compte tenu notamment des différentes hauteurs du téléphérique et de son passage à proximité des quartiers d’habitation, et d’analyser les covisibilités générées (depuis les façades vers les cabines mais aussi des cabines en direction des appartements) et les nuisances sonores engendrées. La MRAe recommande de présenter dans l’étude d’impact :
• des coupes en plan indiquant la largeur du balancement latéral des cabines et de sa distance aux premières habitations ainsi que leur hauteur ;
• des coupes transversales et verticales sur les secteurs sensibles (grande proximité des habitations) afin d’évaluer la hauteur des cabines par rapport aux appartements ;
• des vues plus détaillées sur le câble (et des cabines) depuis les façades des bâtiments qui longent le tracé, notamment entre les stations et au droit des secteurs où les covisibilités sont les plus marquées. Dans les secteurs où le câble surplomberait les immeubles, il convient aussi de disposer des vues depuis les appartements sur les cabines (en contre plongée), afin d’évaluer les éventuels effets d’écrasement visuel.
 » (page 12)

« Des variantes de positionnement de station et de tracé ont été étudiées pour chaque station avec une comparaison des bénéfices obtenus (desserte, contraintes techniques etc). La MRAe relève cependant que la prise en compte des critères environnementaux entre les stations n’est pas manifeste, notamment en ce qui concerne les impacts visuel et sonore pour les habitations situées à proximité du tracé.
Compte tenu du tissu très urbanisé que le téléphérique traverse, la MRAe recommande de justifier la prise en compte des nuisances sonores et visuelles dans les tracés retenus.
 » (page 11)

« En revanche, concernant le bruit, le projet n’est pas sans impact. Le pétitionnaire a procédé à une modélisation du bruit émis par le téléphérique dont la source provient des têtes de pylônes (roulement de câble, chocs au passage de la pince de la cabine sur les galets) et des stations (entraînement du câble et couloir à pneu, moteurs, système de ventilation, chocs à l’arrivée et au départ, phases de ralentissement et d’accélération). Les résultats montrent que les objectifs sont dépassés pour 3 bâtiments d’habitation situés à proximité des stations Pointe du Lac (Paroisse St Pierre du Lac), Emile Zola (bâtiment collectif : cité Gregory, avenue de Verdun) et Bois Matar (bâtiment collectif : ave du Président John Fitzgerald Kennedy). Les objectifs acoustiques poursuivis par le projet engendreraient des niveaux sonores supérieurs à ceux actuels pour les riverains du projet. Les habitants du quartier de la Pointe du lac à Créteil verraient les niveaux diurnes et nocturnes augmenter. » (page 17)

« Le bruit est donc un enjeu fort du projet qui va traverser des zones urbanisées et qui est susceptible d’engendrer des nuisances sonores supplémentaires pour les riverains. A ce titre, si l’étude d’impact présente bien la localisation des 12 points de mesure sur une carte (en p 223), celle-ci ne permet pas d’identifier leur localisation exacte et de s’assurer qu’elle analyse les immeubles les plus proches du tracé.
La MRAe recommande de présenter une meilleure caractérisation du bruit au niveau des immeubles proches du tracé.
La MRAe souligne également que les projets immobiliers qui sont programmés à proximité du tracé sont susceptibles d’engendrer une augmentation des trafics automobiles et donc des nuisances sonores associées. Cette évolution aurait pu être analysée dans le cadre de l’analyse de l’évolution de l’environnement.
 » (page 9)

« Les mesures proposées méritent d’être renforcées à la hauteur des enjeux du projet et de son insertion urbaine concernant le bruit. De ce point de vue, l’isolation des bâtiments si elle réduit l’impact ne l’évite pas totalement, ce qui supposerait que les habitants vivent les fenêtres fermées. De plus, rappelons que le projet s’implante dans une urbanisation déjà existante, dans un environnement assez bruyant. Par conséquent, l’objectif à privilégier pourrait être, au-delà du respect des seuils réglementaires en vigueur, de ne pas générer d’augmentation significative des expositions sonores actuelles. » (page 17)

« Les effets du projet sur les risques naturels, la pollution des sols et l’eau
Concernant les eaux souterraines, la page 15 du chapitre 6 indique que seuls les terrassements peuvent engendrer en phase travaux des perturbations des eaux souterraines, plus particulièrement la fondation des pylônes ainsi qu’au niveau de la station Temps Durables semi-enterrée à une profondeur de 3 m. Le pompage des eaux de fonds de fouille est évoqué mais semble minoré, en invoquant que la nappe ne serait pas touchée car située à une profondeur comprise entre 7,5 m et 10,5 m, sans mentionner la profondeur des fondations des pylônes. Or il est vraisemblable que cette profondeur ne soit pas négligeable compte tenu de la hauteur des pylônes (de 25 à 40 m), et la nappe alluviale se rencontre à faible profondeur au niveau des stations Pointe du Lac, Temps Durables et Emile Zola.
 » (page 18)

Lire l’article sur 94 Citoyens
Lire l’avis sur projet de la MRAe Île-de-France